"Arrête de jouer aux jeux vidéo, ce n’est pas comme ça que tu auras un vrai boulot !", cette phrase, je ne compte plus le nombre de fois où je l’ai entendue. Vous l’aurez compris, aujourd’hui, je veux vous parler d’une de mes passions, les jeux vidéo.

Dans l’esprit de beaucoup de gens, jouer est quelque chose de futile, qui ne cultive qu’une chose : l’oisiveté. Sans vouloir dire que c’est complètement faux, car il y a un peu de vérité dans ce point, je ne suis pas forcément d’accord.

Je suis un passionné de jeux vidéo depuis mon enfance, je ne compte plus le nombre de temps passé à jouer (sans doute en années). Le but de ce billet est de vous expliquer que les jeux vidéo, outre les centaines (voire les milliers) d’heures de divertissement qu’ils m’ont apporté, m’ont aussi permis d’apprendre, de progresser, de comprendre. J’espère permettre de changer légèrement le regard que certains peuvent avoir sur les joueurs.

L’esprit d’équipe et prise de lead

J’ai toujours préféré les jeux qui se jouent en coopération plutôt qu’en solo. Non pas que je juge les jeux solos moins bons, mais je préfère jouer à deux ou plus. Un jeu est d’après moi une aventure faite pour être partagée. En jouant, j’ai aussi appris à cultiver cet esprit d’équipe, le fait de ne pas gagner tout seul, mais en travaillant ensemble.

Pour ça, le premier jeu qui me vient à l’esprit est Portal 2, développé par Valve, ce jeu met en scène un ou deux robots (pour son mode coopératif) devant résoudre des puzzles imposés par une IA psychopathe, GladOS. Portal est pour moi l’archétype même du jeu nécessitant un vrai travail d’équipe, le mode coop étant impossible à faire sans une bonne cohésion.

Côté jeu de groupe, et esprit d’équipe, je peux aussi citer les MMORPG (ou meuporg pour certains), qui avec leurs raids permettent aussi de mettre la cohésion d’équipe à l’honneur, mais à des échelles plus grandes. J’ai joué de longues années à World of Warcraft, Aion, Final Fantasy XIV, Tera, et Elder Scroll Online (pour ne citer que ces jeux), leur point commun est le même : pour profiter pleinement du jeu, il est nécessaire de jouer ensemble à 10-15-20 voire même 40 joueurs.

Jouer avec un tel volume de personnes avec soi nécessite de développer aussi sa communication, mais pour ma part, cela m’a aussi permis de développer mon lead. En effet, j’ai souvent pris la tête de ces raids pour piloter le groupe, lui indiquer quoi faire et quand, etc. Cela m’a permis de nouer de bonne relation avec des gens différents que j’ai appris à connaitre, et dont certains sont devenus mes amis.

L’apprentissage de l’informatique

Comme j’en ai déjà (longuement) parlé dans mon autre article, je n’ai pas de formation en informatique, je suis ce qu’on appelle plus couramment un autodidacte. J’ai appris cette discipline par moi-même. La première fois que j’ai vraiment mis les mains dans l’infrastructure, le scripting, le coding, etc., c’était en 2005, je m’étais acheté mon premier ordinateur, et je me suis retrouvé malgré moi administrateur d’un serveur dédié Counter Strike. J’ai essayé de comprendre comment marchait ce serveur, dans un premier temps par curiosité, mais aussi pour l’améliorer, pour le rendre plus performant, pour faire venir plus de monde dessus. Cela m’a permis de comprendre comment marchait Linux (dans les grandes lignes évidemment), mon serveur était à l’époque hébergé sur un serveur Debian.

Ensuite, j’ai essayé de créer une communauté autour de ce serveur, c’est à ce moment que je me suis mis à créer mon premier site web, en PHP, qui était… très moche, mais avait l’avantage d’exister. Et c’est là que je me suis pris réellement comme passion tout cet univers, j’aimais coder, créer des choses, voir des applications prendre vie devant moi ! De fil en aiguille, j’ai travaillé à optimiser mon serveur, à ajouter des plug-ins (que j’ai dû apprendre à coder et compiler), à l’automatiser autant que possible, à mettre de l’analyse automatique de log pour détecter les tricheurs, etc. C’est tous ces éléments qui ont fait la passion qui m’anime aujourd’hui sur ces domaines.

Comme beaucoup de jeunes, je n’avais pas beaucoup d’argent, j’ai donc comme beaucoup dû craquer des jeux. Craquer un jeu consiste à contourner les protections mises en place pour empêcher sa copie illégale. Ce n’est pas forcément quelque chose dont je suis fier, mais passer de l’autre côté de la barrière m’a permis d’apprendre à faire du reverse engineering et de l’analyse de logs et de comportement d’applications. Cela m’a appris à observer comment se comportait mon ordinateur, pour comprendre comment contourner ces protections.

Enfin, il y a quelques années de cela, j’avais codé un calculateur de dégâts, à la sortie de Diablo 3 (calculateur qui n’est plus en ligne), cela m’a permis d’expérimenter réellement une expérience communautaire, en travaillant en collaboration avec des personnes qui m’aidaient à améliorer cet outil, que ce soit pour affiner les calculs ou simplement pour tester et vérifier les non-régressions à chaque montée de version. Je garde un très bon souvenir de cette expérience que j’aimerai avoir l’occasion de reproduire à l’avenir.

L’apprentissage de l’échec

Les jeux vidéos m’ont aussi appris l’échec, et la persévérance. Je ne compte plus le nombre de fois où nous avons du recommencer certains combats, des dizaines voire des centaines de fois pour comprendre, assimiler, s’adapter, tester pour enfin réussir à battre un boss !

Je suis joueur de League of Legend depuis plusieurs années, sans être un hardcore gamer, j’aime passer du temps dessus, et j’apprécie son aspect compétitif. Lorsque j’ai commencé, j’étais franchement médiocre. Je ne parvenais pas à monter dans les classements, j’aurais pu (comme beaucoup) rejeter la faute sur le reste de mon équipe, mais au lieu de ça, j’ai cherché à analyser, à comprendre, à apprendre, à observer. Pour progresser, voir où je péchais et m’améliorer.

Les jeux vidéos, une histoire commune dont on fait partie

Dans la vie de tous les jours, les jeux vidéos m’ont souvent permis de briser la glace. En effet, il est plutôt courant que je côtoie des gens qui ont au moins joué à un jeu que je connais de près ou de loin. On a toujours une anecdote à raconter sur les plaines d’Hyrule, les dragons de Bordeciel, les jungles d’Azeroth ou encore le monde post-apocalyptique de FallOut. Les jeux vidéo racontent une histoire, tout comme un livre ou un film, et sont tout autant de l’art que ces derniers, il n’y a qu’à voir le nombre de graphistes, musiciens et autres animateurs nécessaires pour réaliser un jeu. Sans compter un autre art, souvent moins visible, les milliers de lignes de code pour faire que ce jeu existe, que les serveurs en ligne vivent, les gens qui permettent qu’ils soient fonctionnels (presque) en permanence. Un jeu raconte une histoire, à la seule différence que nous prenons part à cette histoire au lieu de juste l’observer. Certains jeux ont pris le choix de créer un monde de toute pièce, comme le monde titanesque d’Elder Scroll par exemple, avec tout le lore qui l’entoure. D’autres ont préféré se fixer sur l’histoire comme la série des Assassin’s Creed, qui revisitent l’histoire à chaque épisode, gorgé de détails historiques et géographiques (qui m’ont beaucoup appris).

En conclusion…

Le but de cet article n’est pas de vous montrer que quelqu’un qui passe 10 h par jour à jouer est toujours quelqu’un qui progresse et apprend, mais la passion permet de faire parfois beaucoup plus qu’on ne le pense. J’ajouterai aussi que même si en France, nous sommes encore frileux sur le domaine, il ne faut pas oublier que le jeu vidéo se professionnalise de plus en plus, avec la montée en puissance du eSport, notamment grâce à certains jeux comme League of Legends.

Les jeux m’ont aussi permis de goûter à l’esprit communautaire, je ne compte plus le nombre d’informations glanées sur des sites maintenus par des fans bénévoles, les mods permettant d’améliorer et modifier le jeu, comme Redux sur GTA V, et du nombre de contact que je me suis fait au cours de mes longues années de joueur.

Mon rêve est qu’un jour, lorsqu’on dit qu’on est joueur, tout le monde arrête d’imaginer un mec dans sa cave qui joue toute la journée en se nourrissant de bière et pizza. Personnellement, je considère que le fait que je sois un joueur fait partie de ma personnalité et j’en suis fier, je revendique pleinement ma passion pour les jeux vidéos.